A propos Nicolas

Passionné de produits naturels et d'écologie, Nicolas Palangié est un promoteur actif de ce qu'il appelle "l'écologie pragmatique". Spécialiste du bicarbonate et des produits écologique et naturels, il crée le blog www.monbicarbonate.fr en 2010 et écrit un livre à la demande des éditions Eyrolles: "Bicarbonate: un concentré d'astuces", qui paraît en 2011 et qui est ré-édité en 2014. Ces deux supports sont destinés à diffuser au grand public une information sérieuse et validée.

Les sources de magnésium

Comme on l’a vu, le magnésium ne peut être obtenu que par un apport extérieur, qu’il s’agisse de l’alimentation au sens large (c’est-à-dire incluant aussi toutes les boissons dont l’eau) ou de compléments alimentaires ou médicaments. L’assimilation du magnésium se fera d’autant mieux que l’apport se répartira tout au long de la journée, d’où l’intérêt de répartir les sources alimentaires de magnésium sur plusieurs repas (idéalement, prévoir une ou plusieurs sources de magnésium à chaque repas, qu’il s’agisse d’eau ou d’aliments solides). L’eau riche en magnésium peut utilement être absorbée en dehors des repas, ce qui aura également comme avantage, en plus d’une absorption optimisée du magnésium, de maintenir un degré stable d’hydratation de l’organisme.

Aliments riche en chlorure de magnésium

L’eau

L’eau peut pénétrer dans le corps par la boisson mais aussi par le bain. Les bains de mer et le thermalisme peuvent apporter du magnésium par voir cutanée.

L’eau de boisson.

Teneurs en magnésium de quelques eaux minérales

L’eau de boisson peut être apportée par les adductions d’eau potable locales ou bien par l’eau de source ou l’eau minérale en bouteilles.
L’eau « du robinet » ou « eau de conduite » varie beaucoup dans sa composition en fonction de la nature du sous-sol, et donc de la région, mais aussi en fonction des traitements qu’elle subit. Les eaux déminéralisées, comme leur nom l’indique, ont perdu tout ou partie de leur minéraux et sont impropres à la consommation. Les eaux « adoucies » au moyen de dispositifs à résines échangeuses d’ions sont à proscrire également, car elles substituent le calcium et le magnésium à du sodium, que l’on ingère déjà généralement en quantités trop importantes. Il est possible de régler l’adoucisseur plus ou moins fort, afin de ne pas supprimer tous les sels minéraux, dont ceux composés de magnésium.
Quoi qu’il en soit, l’eau de boisson peut contribuer de façon significative à l’apport de magnésium, jusqu’à 30 % dans le cas d’eaux de conduite dites dures c’est-à-dire fortement chargées en calcium et en magnésium. Des études ont été jusqu’à mettre en évidence une corrélation entre les taux de décès par crise cardiaque et la dureté de l’eau sur des aires géographiques déterminées (aux États-Unis en particulier, voir l’ouvrage The Magnesium Factor de Mildred S. Seelig et Andrea Rosanoff). Un autre facteur plus subtil qui devrait être pris en considération est le ratio calcium/magnésium, qui doit rester de l’ordre de 2 dans l’apport nutritionnel total, et que l’eau ne doit pas contribuer à trop déséquilibrer. L’Union européenne (UE) a établi une directive stipulant un niveau minimal de calcium de 100 mg/l et sans valeur maximale. L’UE recommande un niveau de magnésium de 30 mg/l, avec un niveau maximal acceptable de 50 mg/l, qui est sûrement lié à l’effet puissant du magnésium sur la dureté de l’eau. Si l’on se réfère aux recommandations de l’UE, le ratio sera donc en moyenne largement supérieur. Mais les réalités locales peuvent être très différentes d’un point à un autre, et il peut être utile d’interroger l’entreprise privée ou le syndicat intercommunal qui assure votre approvisionnement en eau.
La composition des eaux de source et des eaux minérales peut varier dans des proportions très importantes. Le tableau suivant vous donnera le taux de magnésium annoncé par quelques-unes d’entre elles.

 

 

Chlorure de magnésium dans les eaux minérales

Teneur en magnésium de quelques eaux minérales

En allant au-delà des teneurs en magnésium, on constate que Contrex, Hépar et Saint Antonin ont des ratios calcium/magnésium beaucoup trop favorables au calcium. Rozana, Arvie et dans une moindre mesure Quézac et Badoit sont mieux équilibrées sur ce plan. Mais cette analyse ne prend en compte que l’aspect magnésium et le ratio calcium/magnésium, vous pourrez rechercher dans ces eaux d’autres sels (en particulier les bicarbonates et le potassium) qui ne figurent pas dans cette analyse.

En allant au-delà des teneurs en magnésium, on constate que Contrex et Hépar ont des ratios calcium/magnésium beaucoup trop favorables au calcium. Rozana, Arvie et dans une moindre mesure Quézac sont mieux équilibrées sur ce plan. Mais cette analyse ne prend en compte que l’aspect magnésium, et vous pourrez rechercher dans ces eaux d’autres sels (en particulier les bicarbonates et le potassium) qui ne figurent pas dans cette analyse.

Le thermalisme et la thalassothérapie

Dans le cadre du thermalisme, de la balnéothérapie et de la thalassothérapie, les doses reçues sont évidemment extrêmement difficiles à évaluer.
Dans le domaine du thermalisme, on peut citer la station de Châtel-Guyon, située aux portes du parc naturel régional des Volcans d’Auvergne, et qui doit sa notoriété actuelle à ses sources d’eaux thermales, très riches en magnésium et recommandées pour le traitement des affections digestives, urinaires et rhumatismales.
En ce qui concerne la thalassothérapie, l’argument du magnésium est plus systématique, dans la mesure où c’est le troisième minéral en termes de concentration dans l’eau de mer avec 1 300-1 500 mg/l en moyenne. La mer Morte fait figure de championne toutes catégories dans ce domaine avec une concentration en magnésium de l’ordre de 42 g/l. Les cures de bains de sels de la mer Morte sont recommandées pour certaines affections dermatologiques comme le psoriasis. Pour bénéficier de concentrations plus élevées en sels minéraux, et en particulier en magnésium, il existe des boues et des algues marines à s’appliquer ou se faire appliquer sur la peau.

Les aliments

Le sel

Seul le sel de mer (fleur de sel) et le sel gemme non raffinés ont conservé une part non négligeable de magnésium. Le sel d’origine géologique, puisé dans le sous-sol après avoir été dilué, est ensuite purifié et recristallisé. Il n’en subsiste plus que le chlorure de sodium, auquel on ajoute souvent de l’iode et du fluor, dont la population a été déclarée officiellement carencée par les pouvoirs publics. Pour augmenter sa consommation de magnésium, on préférera les sels non raffinés, ou sels « gris », comme le sel de Guérande ou la fleur de sel, plus fins de consistance et de goût. Par exemple, on peut citer le cahier des charges de Nature et Progrès pour le sel de table naturel, qui impose un taux minimal de magnésium de 0,3 % soit 300 mg pour 100 g. Ainsi 4 g par jour de ce sel apporteront au minimum 12 mg de magnésium, et 8 g (dose maximale conseillée, sachant que nous sommes souvent au-dessus de 10 g) en apporteront 24.

Les produits de la mer

Certains produits de la mer sont fortement concentrés en magnésium, comme les fruits de mer. Les bigorneaux en contiennent plus de 400 mg pour 100 g, les pétoncles et crevettes entre 100 et 240 mg/100 g…

Les fruits et légumes

Les fruits et légumes sont la source de magnésium à favoriser parce que celui-ci est alors très assimilable et parce que ceux-là apportent de nombreux autres nutriments utiles et nécessaires. Leur teneur en magnésium est cependant très variable, et l’on pourra arbitrer en fonction de ce taux, sans oublier que l’ensemble doit rester équilibré. La baisse de consommation de certains légumes secs a été très préjudiciable, car ceux-ci ont une teneur en magnésium très appréciable : c’est le cas des haricots blanc et rouges, des lentilles, des fèves et des pois chiches. Ils apportent en plus des protéines végétales, d’autres sels minéraux, des glucides complexes très assimilables, et des fibres utiles au transit.

Les céréales et la farine

La farine et le pain constituent l’illustration la plus flagrante du déséquilibre progressif de notre alimentation en magnésium avec l’évolution des pratiques industrielles et de nos habitudes alimentaires. Pour qu’elle se conserve plus longtemps, et peut-être parce qu’elle flatte davantage le palais, le farine blanche raffinée s’est imposée dans presque tous les pains, les viennoiseries et les pâtisseries. Or, qu’est-ce qu’une farine raffinée ? C’est un grain dont il ne reste que l’« amande », et dont on a soustrait le germe et le son (enveloppe du grain), qui contiennent la quasi-totalité des vitamines, des oligoéléments et des sels minéraux, dont le magnésium.
Les caractéristiques des farines disponibles sont les suivantes :
Type de farine : plus le chiffre est bas, et plus la farine est « blanche » (raffinée).
Les « cendres » sont les matières minérales principalement contenues dans les sons, autrement dit les « débris », ou impuretés, des grains de blé.
Taux d’extraction : c’est la proportion de farine produite à partir d’un poids initial de blé. Si on a 100 kg de blé et qu’on obtient 75 kg de farine, le taux d’extraction est de 75 %.

Teneur en magnésium des farines et du pain

Teneur en magnésium de la farine

Le son de blé contient 600 mg/100 g de magnésium et la farine complète 138 mg/100 g alors que la farine blanche à pâtisserie en contient 16 mg/100 g et la farine à pain 25 mg/100 g.

Le calcul est vite fait : dans les années 1960, la consommation de pain était en moyenne de 500 g/j et par personne pour une farine à 138 mg/100 g de magnésium, elle est aujourd’hui d’environ 100 g/jour pour une farine qui en contient 25 mg : 690 mg de magnésium par jour en 1960, 25 mg aujourd’hui, proviennent du pain…

Les autres aliments

Les autres aliments

Tableau de la teneur en magnésium des aliments

Les autres aliments

Tableau de la teneur en magnésium des aliments

Les autres aliments

Tableau de la teneur en magnésium des aliments

Les autres aliments

Tableau de la teneur en magnésium des aliments

Les apports artificiels : compléments alimentaires et médicaments

Les compléments alimentaires et les médicaments qui comprennent du magnésium sont innombrables. Ils véhiculent le magnésium par des molécules extrêmement diverses, et plus ou moins complexes :

    • magnésium pidolate ;
    • lactate de magnésium ;
    • carbonate de magnésium ;
    • chlorure de magnésium ;
    • hydrocarbonate de magnésium ;
    • hydroxyde de magnésium ;
    • magnésium aspartate ;
    • magnésium sulfate heptahydrate ;
    • magnésium glycérophosphate acide.

Les compléments alimentaires sont vendus indifféremment en grande surface, en parapharmacie et en pharmacie. Les médicaments en revanche ne sont distribués qu’en pharmacie.

On a vu que le chlorure de magnésium, sous sa forme la plus simple, représente une alternative tout à fait efficace et économique pour se supplémenter en magnésium. Seule sa forme liquide, pas forcément pratique, et les quantités relativement importantes qu’il faut en absorber peuvent éventuellement justifier le recours à des formes sèches (comprimés ou poudres).

Les compléments alimentaires

Les compléments alimentaires ne présentent pas d’avantages particuliers sur les médicaments. Ils sont régis par la réglementation sur les compléments alimentaires, moins rigoureuse que celle des médicaments. On constate généralement que leur formule est plus simple que celle des médicaments, et qu’ils recourent à des molécules moins complexes. Les compléments alimentaires ne sont pas remboursés.

Les médicaments

La réglementation sur les médicaments impose le recours à des matières premières de qualité pharmaceutique, plus pures et plus contrôlées que celles des compléments alimentaires (qui restent néanmoins eux aussi généralement très sûrs lorsqu’ils sont fabriqués en France et dans l’UE). Les formulations des médicaments apportant du magnésium sont plutôt plus complexes que celles des compléments alimentaires. Certains de ces médicaments sont encore remboursés à hauteur de 35 %, mais il est fortement question de les dérembourser.

Le nigari et le magnésium marin

Le nigari, extrait de l’eau de mer par évaporation, cristallisation en même temps que le chlorure de sodium (le sel de table), se présente sous forme de paillettes blanches et est composé de plus de 85 % de chlorure de magnésium, de sulfate de magnésium, de quelques autres sels et d’un peu d’humidité résiduelle. Il est parfois, par erreur, qualifié d’algue, mais il s’agit bien d’un minéral. Il vient du Japon, où il est utilisé en cuisine traditionnelle, notamment pour fabriquer le tofu en faisant cailler le lait de soja. Nigari en japonais signifie « amer ». Le nigari est généralement disponible dans les boutiques d’alimentation biologique, il revient moins cher que l’achat du chlorure de magnésium de synthèse et s’utilise presque de la même façon (voir chapitre « Le chlorure de magnésium pratique »). Le nigari est disponible très facilement sur Internet, mais il faudra veiller à la provenance sérieuse du produit afin d’éviter les éventuelles pollutions. La composition du nigari, produit d’origine naturelle, peut varier légèrement ; et il peut être à peine teinté en fonction de la région d’extraction.

Delbiase (et Cytodelbiase)

Delbiase est l’oeuvre du professeur Pierre Delbet, qui lui a transmis son nom. Pierre Delbet est le précurseur de l’utilisation du chlorure de magnésium en santé humaine. La formule originale de Delbiase comprenait majoritairement du chlorure de magnésium, suivi par du bromure de magnésium et, en très faibles quantités, de l’iodure et du fluorure de magnésium.

Delbiase a subi après sa mise sur le marché quelques modifications. En 1983, la formule a été simplifiée par la suppression de l’iodure et du fluorure de magnésium (visiblement, ces suppressions auraient été demandées par crainte de réactions allergiques). Disparu ensuite de la vente, Delbiase est réapparu en 2004 sur le marché et disponible en pharmacie. Il est maintenant commercialisé par le laboratoire CLS Pharma (8, rue du Bac, 92150 Suresnes – www.clspharma.fr). Delbiase se présente sous forme de 2 tubes de 24 comprimés de 100 mg de magnésium apportés par une combinaison de chlorure et de bromure de magnésium, et vendus entre 6 et 7 € TTC en pharmacie (2012). La prise de 3 comprimés par jour représente 300 mg, équivalents à 100 % des AJR (apports journaliers recommandés). Seul un adjuvant de compression, le stéarate de magnésium à 0,1 %, complète la formule.

La crème dermatologique Cytodelbiase a été mise au point par le professeur Delbet pour permettre un apport de magnésium plus aisé que par une compresse. Elle est aujourd’hui commercialisée, comme Delbiase, par le laboratoire CLS Pharma (voir ci-dessus), et le fabricant annonce l’avoir reformulée en y ajoutant « le minimum de conservateur nécessaire à maintenir sa propreté bactériologique ». Elle est présentée comme une crème de jour hydratante et apaisante, ou « cyto-baume » au magnésium. Elle est conditionnée dans un tube de 40 ml, et vendue sur le site du fabricant à 9 € TTC (2012).

De fait, voici sa composition détaillée : Aqua (water), Paraffinum Liquidum (mineral oil), Magnesium Chloride, Ethylhexyl Palmitate, Cetyl Alcohol, Butylene Glycol, Glyceryl Stearate, PEG-100 Stearate, Glycerin, Cera Alba (beeswax), Ceteareth-20, Microcristalline Cellulose, Phenoxyethanol, Xanthan Gum, Methylparaben, Cellulose Gum, Propylpraben, Magnesium Bromide.

On est sans doute malheureusement un peu loin de la formulation d’origine du professeur Delbet, et la multitude d’ingrédients complexes qui s’y est ajouté laisse un peu perplexe.

Chlorumagène

Chlorumagène est en fait de l’hydroxyde de magnésium ou Mg(OH)2 administré à l’origine sous forme de comprimé, qui réagit dans l’estomac avec l’acide chlorhydrique pour synthétiser du chlorure de magnésium, assimilable plus efficacement par l’organisme selon les théories du docteur Martin du Theil (La Défense par le système nerveux, 1933- 1935). Chlorumagène est aujourd’hui distribué par le laboratoire monégasque SERP (Laboratoire SERP, Immeuble Le Triton, 5, rue du Gabian, 98000 Monaco, www.serp. mc) et se présente sous forme d’une poudre conditionnée dans un barillet de plastique de 100 g. À noter que Chlorumagène, vendu comme laxatif, est un médicament.

Le magnésium et ses interactions

Interactions du magnésium

Le magnésium interagit avec de nombreux autres nutriments comme le calcium, le potassium, la vitamine B6. Ils ne peuvent être assimilés seuls.

Il serait évidemment absurde d’envisager le magnésium seul, élément de « médiation métabolique » par excellence, sans souligner les innombrables interactions qu’il entretien avec d’autres nutriments indispensables. Sont mentionnés le plus souvent le calcium, avec lequel il doit s’efforcer de rester dans des proportions stables et déterminées, et la vitamine B6 (pyridoxine) qui favorise son assimilation, mais il y en a beaucoup d’autres. Le magnésium intervient aussi dans l’absorption et l’utilisation par le corps du phosphore, du sodium, du potassium, des vitamines C, E et D… Il serait impossible de les citer tous dans ce livre, et il y a fort à parier que des découvertes passionnantes sont encore à venir dans ce domaine.

Calcium

Les relations ambiguës du calcium et du magnésium s’apparentent un peu à un « Je t’aime, moi non plus » :
– le calcium se trouve principalement à l’extérieur des cellules, alors que le magnésium est principalement dans les cellules ;
– le calcium intervient dans l’excitation des nerfs, alors que le magnésium les repose ;
– le calcium (en association avec le potassium) est nécessaire à la contraction musculaire alors que le magnésium permet de les relâcher ;
– le calcium est indispensable à la coagulation du sang alors que le magnésium est nécessaire à sa fluidité et prévient les caillots, dont on sait les dangers en termes d’accidents cardiaques et vasculaires cérébraux ;
– le calcium, comme chacun sait (et la communication abondante sur les produits lactés le répète assez…) renforce les os, alors que le magnésium, que l’on trouve plutôt dans les structures souples, constitue en association avec certaines protéines la matrice osseuse qui apporte une certaine flexibilité aux os et prévient les ruptures. Si l’on devait l’expliquer sur le mode de Jean de la Fontaine, on comparerait le calcium au chêne et le magnésium au roseau, l’association des deux (étrange croisement !) assurant à la fois la densité et la souplesse.
L’équilibre calcium-magnésium est absolument primordial. Dans des conditions normales, la concentration de magnésium dans les cellules est de l’ordre de 10 000 fois plus élevée que celle du calcium. Cependant, si, pour une raison ou une autre, le magnésium est expulsé des cellules en quantité trop importante, le calcium afflue dans la cellule et entraîne deux phénomènes majeurs :
– les cellules deviennent plus excitables, et la production d’adrénaline est facilitée, ce qui permet des réflexes plus rapides en cas d’urgence mais peut entraîner un épuisement si cela n’est pas ou plus justifié ;
– cet afflux de calcium dans les cellules s’accompagne d’un changement de leurs propriétés physiques. Comme on l’a vu, schématiquement, le calcium rigidifie et le magnésium assouplit. En cas de déficit en magnésium, des phénomènes de calcification se produisent. Cette perte de souplesse des tissus touche également le système sanguin, ce qui peut favoriser les accidents cardiovasculaires.
Cet état de fait est souligné par la corrélation qui existe entre le ratio calcium/magnésium dans l’alimentation et la fréquence des crises cardiaques dans la population. Une étude de 1978 (Karppanen H. et al., Advanced Cardiology 25:9-24, 1978) a montré que la Finlande était à cette époque la plus touchée avec un ratio Ca/Mg (ou plutôt Ca2+/Mg2+ pour être plus rigoureux) de l’ordre de 4, et le Japon, le moins touché avec un ratio à peine supérieur à 1. Une campagne de sensibilisation efficace sur l’importance de consommer des fruits et légumes frais, couplée au remplacement partiel du chlorure de sodium par des sels de magnésium, a permis à la Finlande de faire baisser le taux de décès dus aux crises cardiaques dans des proportions importantes.
Mais le ratio calcium/magnésium n’est pas crucial que pour la prévention des crises cardiaques et de l’arythmie, il est aussi déterminant pour lutter contre de nombreuses autres pathologies plus ou moins graves, comme l’artériosclérose, l’hypertension, l’urolithiase (les calculs urinaires) et même la prévention du syndrome de la mort subite du nourrisson. À chaque fois qu’il y a une faiblesse ou un risque accru dans ce domaine, un ratio calcium/magnésium plus faible (ou un ratio magnésium/calcium plus élevé) est à privilégier. Cela doit faire l’objet d’une attention d’autant plus soutenue que notre alimentation et notre mode de vie modernes nous prédisposent à une hypercalcémie (taux de calcium corporel trop élevé) et à un déficit en magnésium (hypomagnésémie) dont l’ampleur est souvent sous-évaluée.
L’apport journalier recommandé (AJR) pour le calcium est de 800 mg/j, variable en fonction de l’âge (les enfants en croissance, les femmes enceintes et allaitantes et les personnes âgées ayant des besoins en calcium plus importants, de l’ordre de 1 200 mg/j). Le ratio calcium/magnésium doit donc être de l’ordre de 2, et ne pas monter au-delà (ou le ratio magnésium/calcium être de l’ordre de 0,5 et ne pas tomber sous cette valeur). Une alimentation sous forme d’en-cas, souvent proportionnellement plus riche en calcium qu’en magnésium avec les produits laitiers (milk-shakes, crèmes glacées, yogourts…) conjugués à l’absence de fruits et légumes frais, est l’exemple typique d’un ratio calcium/magnésium déficient Et le respect de ces proportions devient difficile lorsque l’alimentation est déjà trop importante en quantité, puisque, à quantité égale, une charge importante en calcium impose d’introduire de nouveaux aliments riches en magnésium qui peuvent pour certains être également assez caloriques (c’est le cas des fruits et légumes secs par exemple). C’est donc souvent réellement en termes de substitution et non d’addition qu’il faut réfléchir pour rééquilibrer notre alimentation en magnésium. Et on veillera malgré tout à ne pas opposer calcium et magnésium, car il ne faut pas oublier que l’assimilation du calcium ne peut pas se faire sans le magnésium. Encore une fois, tout est question de modération et d’équilibre !

 

Potassium

Bien que le potassium fonctionne en tandem avec le sodium et non avec le magnésium, un déficit en potassium peut être lié à un manque de magnésium.

Cas particulier de la vitamine B6

La vitamine B6 (appelée également pyridoxine) favorise l’assimilation du magnésium, auquel elle est très souvent associée dans les compléments alimentaires et médicaments visant à traiter les carences en magnésium. La vitamine B6, comme le magnésium, ne peut être synthétisée par notre corps et nous rend donc dépendant des apports nutritionnels. Les carences en vitamine B6 sont rares dans les pays occidentaux, mais celle-ci n’est pas à négliger pour autant, car elle intervient, au-delà de son intérêt pour le magnésium, dans de nombreux processus métaboliques, dont certains sont déterminants pour la conservation d’un bon équilibre psychique, comme c’est le cas pour le magnésium. Les AJR en vitamine B6 sont de l’ordre de 2 mg pour les adultes :

Certains poissons, les pommes de terre, le müesli, et la banane sont de bonnes sources de vitamine B6 (appelée aussi pyridoxine)

ÂGE/ÉTAT/ACTIVITÉ versus AJR EN VITAMINE B6
De la naissance à 1 an: 0,3 à 0,6 mg
De 1 à 3 ans: 1 à 1,7 mg
De 3 à 15 ans: 1,8 à 2 mg
Femmes: 2 mg
Hommes: 2 mg
Femmes enceintes: 2,5 à 10 mg
Femmes allaitantes: 2,5 à 10 mg
Personnes âgées: 3 mg
Sportifs (pratique intensive): 25 à 50 mg

La vitamine B6 est souvent prescrite aux femmes enceintes pour lutter contre les nausées, et des doses allant jusqu’à 30 mg/j n’entraînent pas d’effets indésirables.
Dans le cadre de la supplémentation en magnésium, de nombreux produits formulés (compléments alimentaires et médicaments) proposent une combinaison de magnésium (sous forme de chlorure, d’oxyde ou d’hydroxyde principalement, mais aussi de lactate, etc…) et de vitamine B6. Le ratio vitamine B6/magnésium de ces composés peut être très variable (de 1/150 pour le Magné B6 du laboratoire Sanofi-Aventis à plus de 10/100 pour le magnésium vitamine B6 du laboratoire Biogaran). Dans le cadre d’une prise de chlorure de magnésium en poudre dilué dans de l’eau, la prise simultanée d’un complément de vitamine B6 n’est pas nécessaire, mais on pourra veiller à consommer des aliments qui en sont riches, comme la levure de bière (qui a l’avantage d’apporter également d’autres vitamines du groupe B), mais aussi le germe de blé, et les céréales complètes. Les autres aliments naturellement riches en vitamine B6 sont les abats, la viande, le poisson et les légumineuses.

Autres synergies

Synergies positives

La taurine et l’arginine sont maintenant souvent associées au magnésium et à la vitamine B6 dans ce qui est appelé le « magnésium de troisième génération », non laxatif et plus assimilable. Dérivée d’un acide aminé, la taurine favorise la fixation du magnésium, mais nécessite pour cela d’être associée à la vitamine B6. Elle exerce alors une action positive sur le cœur, sur le stress, dans le domaine ophtalmologique (prévention de la cataracte, amélioration de la vision nocturne)…

Synergies négatives (antagonistes)

Les suppléments trop importants de bore et de calcium (au-delà de 2 000 mg/j) pourraient diminuer l’absorption du magnésium. L’excès de phosphate dans la ration alimentaire réduit l’absorption du magnésium par formation de complexes insolubles dans l’intestin (Matz R., 1993, Marier J. R., 1986).

Les conséquences de la carence en magnésium

Pourquoi la déficience en magnésium peut avoir des répercussions lourdes sur le bien-être et l’état physique général

Le magnésium intervient directement dans plus de 350 processus enzymatiques identifiés. Comme les enzymes sont nécessaires à la régulation de toutes les réactions biochimiques de notre corps, l’importance du magnésium est maintenant reconnue à peu près universellement. Il serait inutile et dangereux de hiérarchiser l’importance des différents nutriments dont nous avons besoin, mais une attention particulière doit certainement être accordée au magnésium, dans la mesure où sa carence dans la population est avérée. Les conséquences de cette carence sont si nombreuses qu’il serait sans doute impossible de les citer toutes, et il est tout aussi impossible dans cet ouvrage de juger de leur caractère plus ou moins direct.
Des ouvrages très complets ont été rédigés aux États-Unis sur le magnésium. Ils mettent en évidence encore plus directement que les ouvrages francophones les dangers d’une carence en magnésium. Citons par exemple l’excellent ouvrage de Mildred S. Seelig et Andrea Rosanoff, The Magnesium Factor (voir « Bibliographie »). C’est de leur livre que sont inspirées les lignes suivantes.
Parmi les influences les plus évidentes du magnésium, on peut citer son intervention dans la libération et le stockage de l’énergie via l’adénosine triphosphate (ATP) et l’adénosine diphosphate (ADP). En effet, le magnésium est nécessaire à la séparation des atomes de phosphate de l’ATP, qui le transforme en ADP tout en libérant de l’énergie, et il est aussi nécessaire à la réaction inverse, passer de l’ADP à l’ATP en stockant de l’énergie.

Le magnésium est indispensable pour le processus de stockage et déstockage de l’énergie via le passage de l’ATP à l’ADP et vice-versa.

Stockage libération énergie
Adapté de The Magnesium Factor de Mildred S. Seelig et Andrea Rosanoff

Spasmophilie

La spasmophilie ou tétanie est un ensemble de signes caractérisant une hyperexcitabilité neuromusculaire. Elle englobe des manifestations extrêmement variées auxquelles nous pouvons tous être confrontés à des degrés divers et sur des périodes plus ou moins longues. Elle peut être caractérisée par des contractures musculaires incontrôlables des muscles, une hyperventilation avec sensation d’étouffement, des engourdissements ou fourmillements des extrémités, et un état fébrile, anxieux et une forte irritabilité ou au contraire une asthénie (sensation de fatigue et d’épuisement) plus ou moins prononcée. L’intensité de la spasmophilie est variable et peut varier d’une gêne diffuse à des crises très violentes qui peuvent compromettre durablement tout espoir de vie normale. Les symptômes de la spasmophilie recoupent notablement ceux de la carence en magnésium, et on constate qu’un apport de magnésium permet de limiter et souvent de faire disparaître ces manifestations. On constate d’ailleurs le plus souvent que ces symptômes réapparaissent lorsque la supplémentation en magnésium est interrompue. Malheureusement, ces symptômes sont souvent considérés comme ressortissant de la psychologie voire de la psychiatrie, et des anxiolytiques aux effets secondaires parfois lourds sont généralement prescrits avant de tester une supplémentation en magnésium.

Autres maux courants

Comme on l’a vu, les manifestations pathologiques liées à la carence en magnésium sont très nombreuses, il serait impossible de les mentionner toutes dans cet ouvrage pratique. En revanche, et c’est là qu’intervient tout l’intérêt du chlorure de magnésium qui permettra un apport facile, rapide et à moindre coût, le magnésium contribuera à renforcer les défenses de l’organisme et à enrayer le développement de nombreuses pathologies très classiques et qui restent le plus souvent bénignes. Citons par exemple le rhume et la grippe, la gastroentérite, la constipation, le traitement des petites plaies, les verrues…
Pour les conseils de mise en œuvre, voir le paragraphe « Le chlorure de magnésium pratique ».

Cas particuliers

Dans certaines circonstances et à certains stades de la vie, les besoins en magnésium peuvent être accrus, et un déficit peut avoir des conséquences plus graves. C’est le cas de la femme enceinte et allaitante, des enfants et des personnes âgées. Pour d’autres raisons, les apports de magnésium chez le sportif doivent être surveillés également.

La femme enceinte ou allaitante

En principe, la nature favorise systématiquement la préservation de l’espèce. Elle donne donc la priorité à l’embryon et au fœtus sur la mère lorsqu’une carence nutritionnelle survient. C’est donc le cas pour le magnésium. Un dosage plus important est donc à prévoir, de l’ordre de 10 % supplémentaires pour atteindre 390-400 mg par jour. Ce sera le cas également lors de l’allaitement. Sachant que le magnésium a un effet sur les gènes selon des travaux récents, son importance pour la conception et la croissance in utero ne peut qu’être déterminante. Selon le docteur Marianne Mousain-Bosc, pédiatre, « le magnésium est impliqué à la fois dans la synthèse, la stabilisation et la dégradation des acides désoxyribonucléiques (ADN) et ribonucléiques (ARN). Ainsi, une baisse du magnésium agit sur l’ADN et peut donc entraîner des anomalies génétiques ». (La Solution magnésium, Thierry Souccar Édition).

L’enfant

L’enfant, du fait de sa croissance et de son activité physique importante, est un gros consommateur de magnésium, sur lequel une carence pourra avoir des conséquences immédiates (en termes de comportement, notamment) ou à plus long terme (en termes de retard de croissance et d’apprentissage).
 Autisme
L’autisme a vu sa prévalence multipliée par 5 entre 1980 et 1990, pour atteindre 50 cas/10 000 habitants (enfants et adultes). Il se manifeste par des troubles moteurs, de l’alimentation, du comportement, du langage, du sommeil (gestes répétitifs, difficultés à avaler, repli sur soi ou agressivité, enfants qui ne parlent pas…). Des études ont mis en évidence un « débit sanguin cérébral anormalement bas ». Ceci pourrait être dû à une hypertension artérielle conséquente à une baisse du magnésium dans l’organisme. Le docteur Marianne Mousain-Bosc relate comment elle a obtenu des résultats spectaculaires, parfois en quelques semaines, en supplémentant en magnésium et en vitamine B6 des enfants dont le développement semblait avoir été complètement bloqué. Elle insiste sur l’importance de la surveillance de l’apport en magnésium pour la mère, avant même la conception et bien sûr pendant la grossesse et l’allaitement, puis lors de l’alimentation de l’enfant. Il semble d’ailleurs que les carences en magnésium soient plus rares dans le cas d’enfants allaités par la mère, probablement parce que le magnésium du lait maternel, évidemment lorsqu’il est lui-même présent en proportions suffisantes, est mieux assimilé que celui dont les laits en poudre peuvent être enrichis.
 Hyperactivité (hyperexcitabilité)
L’hyperactivité est une situation de plus en plus fréquente chez l’enfant, qu’il n’est possible de diagnostiquer qu’à partir de la scolarisation et qui se manifeste par une certaine incapacité à se conformer aux règles de communauté, avec de très grosses difficultés à « tenir en place », à se concentrer et à se positionner vis-à-vis des autres enfants, envers lesquels l’enfant hyperactif fait souvent preuve d’agressivité. Ce comportement véhicule d’ailleurs beaucoup de souffrance, les enfants hyperactifs, incapables de se contrôler mais pas inconscients de leurs actes et de ce qu’ils font endurer involontairement à leur entourage, pouvant se sentir coupables et impuissants. Aux souffrances psychologiques peuvent s’ajouter des souffrances physiques (et en particulier des douleurs abdominales). Avant l’administration de psychotropes, qui comportent souvent des effets secondaires assez lourds, une recherche du « signe facial » ou « signe de Chvostek » (test de réflexe très simple et indolore) et un dosage du magnésium érythrocytaire pourront être très utiles. Le dosage de magnésium métabolique étant difficile, un apport de magnésium et de vitamine B6 pourra être de toute façon décidé par le médecin (typiquement de l’ordre de 100 mg de magnésium et 10 mg de vitamine B6 matin et soir pour un enfant de 30 kg). Si l’état de l’enfant s’améliore sous quelques semaines, le diagnostic de « trouble du transport du magnésium dans la cellule » sera confirmé. Il sera évidemment encore renforcé si l’arrêt du traitement entraîne le retour des symptômes.

Magnésium et vieillissement

Le taux de magnésium des tissus et des cellules diminue avec l’âge, et l’absorption des nutriments décroît avec l’appétit. D’autre part, une carence en magnésium joue un rôle dans le vieillissement de l’organisme, selon des scientifiques américains, australiens, italiens et français. Le magnésium est en effet un facteur majeur de résistance au stress oxydatif, car il augmente le glutathion intracellulaire (l’antioxydant naturel par excellence), favorise les défenses antioxydantes, permet donc une meilleure résistance au stress oxydatif et un ralentissement du vieillissement. Cette théorie semble s’imposer de plus en plus, mais, quoi qu’il en soit, l’apport de magnésium en quantité suffisante est encore plus important pour les personnes âgées, car il permet d’entretenir les mécanismes de génération et de stockage de l’énergie nécessaires au maintien d’une activité physique et intellectuelle suffisante, dont dépend finalement tout le reste.

Le sportif

Les pertes de sels minéraux par la transpiration et dans une moindre mesure par les urines sont plus importantes lors de la pratique du sport. Cela est vrai pour le potassium, le sodium et le fer, mais aussi pour le magnésium. Comme on l’a vu, le magnésium est utilisé pour le fonctionnement musculaire (il permet aux muscles de se décontracter après la phase de contraction) et pour le métabolisme des glucides. Un sportif a donc intérêt à privilégier des aliments à haute teneur en magnésium (légumes verts, céréales complètes, fruits secs oléagineux, chocolat…), et certaines eaux minérales riches en magnésium (Hépar, Badoit, Contrex, Saint Antonin…). Pour plus de détails voir le paragraphe « Les Fondamentaux « .

Les causes pathologiques de la carence en magnésium

Magnésium

Symbole chimique du magnésium Mg – Tableau périodique des éléments.

La déficience pathologique en magnésium: un cas heureusement rare.

Dans l’immense majorité des cas, la déficience en magnésium est due à une consommation insuffisante par l’alimentation. On a vu qu’elle peut aussi être liée également à un accroissement temporaire des besoins qui est insuffisamment prise en compte (effort physique intense, croissance pour les enfants, grossesse et allaitement, stress).
Il existe néanmoins d’autres cas, heureusement rares, pour lesquels il s’agit de causes pathologiques ou traumatiques :
– diarrhée chronique ;
– pancréatite (inflammation du pancréas) ;
– hyperthyroïdie (suractivité de la glande thyroïde) ;
– causes dites iatrogènes (dues aux pratiques médicales ou aux médicaments) : diurétiques, produits à base de cortisone, pilules contraceptives, certains antibiotiques, psychoanaleptiques (médicaments qui stimulent l’activité cérébrale).
Ces causes sont évidemment complexes à identifier et nécessitent l’intervention d’un médecin. Si vous êtes dans une de ces situations, la question d’un déficit en magnésium doit cependant être étudiée avec un professionnel de la santé.

La déficience magnésienne familiale

Il peut arriver que la déficience soit d’ordre génétique. Elle se manifeste alors par une « hypomagnésémie avec hypocalcémie secondaire » (déficit en magnésium doublé d’un déficit en calcium). C’est parfois le cas dans les familles présentant, chez plusieurs de ses membres, certaines des manifestations fréquentes d’un déficit en magnésium : hyperactivité (surtout chez les enfants) et instabilité émotionnelle, crampes et douleurs musculaires, fourmillements dans les mains, perte de mémoire à des âges précoces, troubles du sommeil, stress et migraines, manifestations cardiaques.
Un dosage du magnésium érythrocytaire (dans les globules rouges) pourra alors être prescrit, et une supplémentation en magnésium indiquée pour tous les membres de la famille.

Cas particulier de l’alcoolisme et du tabagisme

La consommation excessive et régulière d’alcool occasionne une extraction du magnésium des cellules des tissus et augmente son élimination via les urines. La carence magnésique des alcooliques entraîne d’ailleurs des symptômes caractéristiques tels que la tachycardie et certains troubles mentaux. Le fameux delirium tremens des alcooliques en serait ainsi l’une des conséquences. Le tabagisme perturbe également l’assimilation et la rétention du magnésium (comme d’ailleurs de bien d’autres nutriments essentiels).

Le magnésium et l’agriculture moderne

Incidence des pratiques de l’agriculture moderne sur la teneur en magnésium du sol et des aliments.

Agriculture moderne et magnésium

Les céréales modernes nécessitent des apports réguliers de magnésium pour éviter les carences.

Comme on l’a vu, le magnésium est un élément nécessaire au maintien de toutes les formes de vie, y compris celle des végétaux. Dans la mesure où notre corps n’est pas en mesure de générer son propre magnésium, il dépend des apports extérieurs, et en premier lieu de ceux qui nous viennent du sol par l’intermédiaire des végétaux que nous consommons. Et c’est là que le bât blesse.
Une étude réalisée en Égypte dans les années 1930 par le scientifique français M. Schrumpf-Pierron mit en évidence que les agriculteurs, qui se nourrissaient de maïs, de blé, de riz, de fèves, de lentilles et d’oignons (tous ces produits étant évidemment non raffinés) cultivés sur les limons du Nil très riches en magnésium absorbaient des doses quotidiennes de magnésium de 1 000 à 2 000 mg. Ces populations locales jouissaient d’une santé exceptionnelle jusqu’à des âges très avancés, avec une incidence de maladies infectieuses et dégénératives quasi nulle. Les sols égyptiens présentent des teneurs en magnésium typiquement dix fois plus élevées que les terres européennes. La consommation de magnésium des égyptiens en provenance du sol résultait d’ailleurs à la fois des aliments cultivés localement, de l’eau chargée des sels minéraux du sous-sol et du sel fortement minéralisé extrait des exploitations de la région. La création du lac Nasser avec la construction du barrage d’Assouan (achevé en 1970), en amont de la partie égyptienne du Nil, a rendu les crues du fleuve presque inexistantes. Et c’était par elles que les riches limons se déposaient sur les zones cultivées, en y apportant les matières nutritives organiques et minérales nécessaires à la croissance harmonieuse des cultures. Les agriculteurs compensent aujourd’hui par des apports chimiques, mais il y a fort à parier que « l’avantage magnésium » des Égyptiens a déjà dû se réduire considérablement et qu’il risque de disparaître, à terme, purement et simplement.
Les exigences de rendement de l’agriculture moderne ont profondément modifié la façon dont l’homme interagit avec la terre. La rotation plus rapide des cultures (il n’est pas rare aujourd’hui de récolter deux fois par an sur une même parcelle) et le labour profond entraînent d’une part des prélèvements beaucoup plus importants et d’autre part une perte d’éléments nutritifs par lessivage dû aux pluies (encore plus lorsqu’elles sont acides) et à l’arrosage (même si le magnésium est relativement peu sensible au lessivage). Or, pour les cultures dont l’objectif est de produire un maximum de biomasse, le magnésium joue un rôle important. C’est l’atome central de la molécule de chlorophylle, et il remplit de multiples fonctions dans la production et le stockage des produits de la photosynthèse. Ce n’est qu’avec une disponibilité suffisante en magnésium que la plante peut produire et stocker une quantité maximale d’énergie – soit sous forme d’huile, soit sous forme d’hydrates de carbone tels que sucre, amidon ou cellulose. De toutes les cultures, ce sont la betterave à sucre, la betterave fourragère et le maïs qui absorbent le plus de magnésium. L’agriculteur apporte donc du magnésium sous forme d’engrais chimique (souvent en association avec du potassium, dans un rapport entre l’un et l’autre qui doit rester maîtrisé), apport essentiel dans la mesure où un déficit en magnésium limite la croissance et la qualité des cultures. La question que l’on peut néanmoins se poser réside dans la teneur en magnésium des végétaux produits à ce rythme et avec ces intrants chimiques, comparée à ce qu’elle était avec des végétaux poussant plus lentement et plus naturellement sur un sol auquel la jachère et les labours moins profonds et moins systématiques laissaient le temps de se régénérer. Les quelques études réalisées à ce jour n’ont pas mis en évidence de différence significative de teneur en magnésium en fonction du mode de culture pour les céréales et pour la majorité des fruits et légumes (à la différence des antioxydants qui seraient 40 % plus élevés en moyenne dans les fruits et légumes biologiques). Source : Commission européenne, Projet Qlif (Quality Low Input Food), http://www.qlif.org. Quoi qu’il en soit, il faut souligner que la source la plus naturelle de minéraux reste encore les fruits et légumes, qu’ils soient produits selon les règles de l’agriculture biologique ou non. Et c’est en en consommant la variété la plus large et le plus souvent possible qu’on préviendra les carences, y compris celle en magnésium.

Les grandes figures historiques du chlorure de magnésium: Pierre Delbet, Auguste Neveu, M.L. Robinet et Martin du Theil

Les grandes figures du chlorure de magnésium

Pierre Delbet

Pierre Delbet, professeur de médecine et père de l’utilisation thérapeutique du chlorure de magnésium.

Au niveau français, quelques personnages de premier ordre ont contribué à établir l’intérêt du chlorure de magnésium pour la santé.

Le précurseur : le professeur Pierre Delbet

Le professeur Pierre Delbet (1861-1957) passe sa thèse en 1889 et obtient son agrégation en 1892, puis il devient chirurgien des hôpitaux l’année suivante et professeur en 1909, à 48 ans. Sa carrière a été parmi les plus brillantes de sa génération, puisqu’il a été successivement interne des hôpitaux, chef de clinique, agrégé de la Faculté, puis chirurgien des hôpitaux, lauréat à plusieurs reprises de la Faculté de médecine et de l’Académie de médecine, ainsi qu’auteur de nombreuses publications dont la rigueur scientifique n’a jamais remis son autorité en question. Même si les faits remontent à près d’un siècle, on comprend qu’il ne s’agit pas d’un quelconque illuminé ou d’un charlatan, mais bien d’un scientifique et d’un praticien éminemment respectable. Très tôt, il réfléchit à la toxicité des antiseptiques locaux sur les tissus et fait part de ses doutes sur leur efficacité systématique : « Si ces cellules, raisonne-t-il en parlant des cellules qui constituent nos tissus, sont sensibles aux antiseptiques, le lavage des plaies, en les détruisant, diminue la résistance à l’infection. Si elles sont plus sensibles que les microbes, si proportionnellement elles succombent en plus grand nombre que les agents pathogènes, les antiseptiques, au lieu de diminuer l’infection, peuvent l’augmenter. »
Il précise d’autre part : « Je rêvais d’augmenter la résistance des cellules pour qu’elles puissent triompher des microbes. » Par une expérimentation menée en 1891, il démontre que l’utilisation des antiseptiques sur le péritoine peut même favoriser l’infection. L’antisepsie cible les microbes, mais affaiblit, voire détruit, les cellules qui sont censées les combattre et peut être contre-productive. Le professeur Delbet remarque que l’activité phagocytaire (la phagocytose est l’action d’absorption des microbes par les globules blancs qui défendent notre organisme) peut être très dépendante de la présence de certaines substances dans le milieu. Il découvre ainsi que le chlorure de magnésium à 12,1 ‰ (pour mille) augmente la phagocytose de 75 %, et l’utilise très largement pour laver les plaies et en imprègne les pansements qu’il applique par la suite.
Ses recherches se poursuivent ensuite sur l’activité des globules blancs en circulation dans le sang de l’organisme. Elles permettent d’établir que leur activité phagocytaire peut être augmentée de 129 % dans certains cas, et même jusqu’à 333 % par des injections de chlorure de magnésium ! Ces essais établissent d’autre part le fait que cet apport de chlorure de magnésium n’entraîne aucune intoxication de l’organisme.
Ces résultats spectaculaires l’amènent à présenter deux communications à l’Académie des sciences et à l’Académie de médecine, ainsi qu’à publier un imposant volume intitulé Biologie de la plaie de guerre en 1918.
Mais il semble que le chlorure de magnésium n’agit pas seulement sur le système immunitaire mais aussi sur l’humeur générale, qui conditionne comme on sait aussi la résistance de l’organisme. À ce sujet, le professeur Delbet relate une étape importante de son parcours de chercheur et de praticien :
« Pendant cette période, le chlorure de magnésium s’administrait uniquement en intraveineuse. J’avais dans mon service de l’hôpital Necker un blessé dont l’état était grave et qui refusait les injections.
Je dis un matin : “Essayons de lui donner la solution par voie buccale.”
À ce mot, la surveillante, Mme Boivin, et deux infirmières esquissèrent un sourire.
“Pourquoi riez-vous ?”
“Nous en prenons toutes”, répondit Mme Boivin.
“Et pourquoi ?”
“Ça nous donne du cœur à l’ouvrage !”
“Qu’est-ce qui vous a donné l’idée d’en prendre ?”
“Nous avons remarqué que les malades à qui on en injectait éprouvaient une sorte de bien-être. Alors nous avons essayé d’en boire et ça nous a produit le même effet.”
C’est à ce hasard qu’est due l’extension de la méthode cytophylactique. Cette solution que l’on appelait “ma drogue”, j’en administrai à tous les blessés de mon service, j’en pris moi-même et j’en fis prendre à tous ceux qui me sont chers. Les surveillantes et infirmières, enchantées de la sensation d’euphorie, d’énergie, de résistance à la fatigue qu’elles éprouvaient, firent de la propagande.
Très vite, un grand nombre de personnes prirent régulièrement “ma drogue”, et je récoltai une ample moisson de faits à quoi je ne m’attendais guère et qui m’ont inspiré de nouvelles recherches.
Cette méthode a pour but d’exalter la vitalité des cellules, je l’ai appelée “cytophylactique”. Le mot cytophylactique veut dire “protection des cellules”. »
Il précise d’ailleurs que ce terme est assez mal choisi, puisqu’il s’agit davantage d’une exaltation et d’un renforcement des cellules que d’une protection directe. Même si ce terme de « drogue » peut paraître maladroit, l’ingestion de solution de chlorure de magnésium s’impose rapidement comme une solution simple, efficace et sans danger pour augmenter la résistance de l’organisme et la stabilité émotionnelle face aux agressions extérieures.
Par la suite, le professeur Delbet est amené, notamment en consultant les travaux de Victor Grignard (Prix Nobel de physique 1912), à ajouter au chlorure de faibles quantités d’autres sels halogénés de magnésium (bromure, iodure et fluorure). Il créé également une crème contenant les mêmes éléments pour application cutanée. Pour plus de détails, voir le paragraphe « Delbiase (et Cytodelbiase) » .
Les convictions du professeur Delbet sur la puissance du chlorure de magnésium progressent encore lorsqu’il constate que la prise régulière de Delbiase lui permet de voir régresser, puis disparaître définitivement, des lésions qualifiées de « précancéreuses » sur l’une de ses oreilles, dont il s’était déjà fait opérer trois fois sans succès (les lésions étaient réapparues après chaque opération). Il insiste également sur le fait que le magnésium seul ne peut expliquer ces résultats, puisqu’il avait testé auparavant la prise de magnésie (carbonate double de magnésium et de calcium) sans résultat. Le chlorure de magnésium associé à d’autres sels halogénés (bromure, iodure, fluorure) semblait donc bien la meilleure combinaison pour permettre au magnésium de délivrer à l’organisme toute son efficacité. À partir de 1928, ses recherches se concentreront sur les effets de la Delbiase et non plus sur le chlorure de magnésium seul.

Un disciple éclairé : le docteur Auguste Neveu

Un médecin généraliste œuvrant sur le terrain découvre dès 1932 les travaux du professeur Delbet et commence par tester sa méthode cytophylactique sur les animaux (chacun sait que les médecins de campagne étaient autrefois souvent amenés à intervenir également comme vétérinaires). Il administre du chlorure de magnésium à un veau de trois mois atteint de fièvre aphteuse, ainsi qu’à un jeune chien souffrant de la maladie de Carré (qui est qualifiée de « poliomyélite du chien »). Les résultats sont tels qu’il multiplie les traitements sur les animaux, puis sur ses jeunes patients atteints de poliomyélite et de diphtérie. Il administre du chlorure de magnésium à d’autres patients souffrant de pathologies très diverses : coqueluche, pleurésie, bronchite, emphysème, et surtout lors de la terrible grippe de l’année 1935 qui s’est compliquée pour de nombreux patients en broncho-pneumonie grippale. Toutes les personnes traitées se remettent rapidement sans complication. Le rétablissement des patients est évidemment d’autant plus rapide que l’administration du chlorure de magnésium est précoce, surtout dans le cas des maladies entraînant des paralysies comme la poliomyélite. Le docteur Neveu présente ses observations à l’occasion de plusieurs communications lors des Journées thérapeutiques de Paris en 1947. La première s’intitule « Traitement cytophylactique de quelques maladies infectieuses de l’homme et du bétail par le chlorure de magnésium » et la seconde « Les propriétés pharmacodynamiques et thérapeutiques du magnésium ».

Travaux du scientifique M. L. Robinet

M. L. Robinet a mis en évidence une corrélation étroite entre la présence de magnésium dans le sol et le taux de suicide local, en montrant que les cartes se superposent de façon saisissante. Une carte des années 1990 montre que le taux de suicide est effectivement sensiblement plus élevé en Bretagne (Finistère en particulier) et dans une large partie nord-ouest du pays, avec un taux également élevé sur la région Centre, où la concentration des sols en magnésium est faible. La corrélation avec la présence de magnésium dans le sous-sol est cependant difficile à établir de nos jours, dans la mesure où la consommation des produits locaux, et dans une moindre mesure des eaux potables locales, est de moins en moins systématique. La corrélation est beaucoup plus nette sur le facteur rural/urbain, particulièrement frappante pour Paris et sa région, où l’on se suicide en proportion trois fois moins qu’en Bretagne… Une corrélation du même ordre avait visiblement été établie entre le magnésium et l’occurrence des cancers, mais ce raisonnement peut aujourd’hui susciter les mêmes réserves puisqu’on consomme aujourd’hui peu de produits vraiment locaux.

Le docteur Martin du Theil

« La défense par le système nerveux », ouvrage du docteur Martin du Theil

Enfin, il ne faut pas oublier les travaux moins célèbres mais tout aussi intéressants du docteur Martin du Theil et son ouvrage La Défense par le système nerveux publié en 1935, et basé lui aussi sur la conviction que « Le microbe n’est rien, le terrain est tout » (citation attribuée à Claude Bernard). Le docteur Martin du Theil mentionne lui aussi le chlorure de magnésium comme le stimulant le plus puissant des défenses immunitaires, mais propose de le synthétiser dans l’estomac via l’hydroxyde de magnésium plutôt que de l’ingérer tel quel. En réagissant avec l’acide chlorhydrique de l’estomac, cet hydroxyde de magnésium produit affectivement du chlorure de magnésium selon la réaction : Mg(OH)2 + 2 HCl  MgCl2 + 2 H2O. Partant du principe qu’une substance produite in situ est plus efficace sur l’organisme que la même substance provenant de l’extérieur, le docteur Martin du Theil a promu son invention sous le nom de Chlorumagène, qui est aujourd’hui vendu comme médicament (voir paragraphe « Chlorumagène » ). Ses convictions étaient telles qu’il a affecté une partie de son héritage à la réédition de son livre jusqu’à épuisement des sommes prévues…

le magnésium naturel

Le magnésium dans la nature

Le magnésium est présent naturellement dans la mer

Le magnésium est présent naturellement dans l’eau de mer

Le magnésium a été découvert en 1755 à Édimbourg (Écosse) par Joseph Black et isolé pour la première fois en 1808 par un Anglais, sir Humphrey Davy, ainsi d’ailleurs que le potassium, le sodium et le calcium, par la décomposition électrochimique des terres au moyen de sa «pile galvanique».

Le magnésium dans le sol

Le magnésium est naturellement présent dans le sol sous la forme de chlorure, de carbonate et d’oxyde. C’est le huitième élément en termes de présence dans la croûte terrestre et le cinquième métal après l’aluminium, le fer, le calcium et le sodium. En fonction de la présence plus ou moins importante des molécules qui véhiculent le magnésium, les ions magnésium Mg2+ sont absorbés en quantités plus ou moins importantes par les végétaux, dont se nourrit le bétail et dont nous nous nourrissons également. Par conséquent, les populations qui consomment les animaux élevés localement et les céréales, les fruits et les légumes cultivés sur place, absorberont des doses de magnésium proportionnelles à la présence de magnésium dans le sol. Aujourd’hui, même dans le cas de sols naturellement riches en magnésium, les pratiques d’agriculture intensive ont fait baisser sa teneur dans des proportions très importantes. En effet, les prélèvements directs par les récoltes plus importantes (le rendement est passé pour le blé de 20 quintaux par hectare à plus de 100 quintaux dans de nombreuses régions), ainsi que le lessivage des sols par l’arrosage imposent des rééquilibrages permanents par l’apport d’engrais. Le déséquilibre des sols cultivés et la nécessité de les supplémenter en magnésium se retrouve finalement très logiquement sur les animaux et les hommes qui en tirent leur subsistance…

Le teneur naturelle du sol en magnésium peut être très variable d’un lieu à un autre. Ainsi, certaines régions d’Égypte et de Tunisie possèdent des sols naturellement très riches en magnésium. Comme on le verra plus loin, une corrélation très nette a été établie entre la teneur en magnésium des sols cultivés et la manifestation de pathologies lourdes, au premier rang desquelles le cancer. Cette corrélation, établie par des travaux datant des années 1920, serait probablement beaucoup moins marquée aujourd’hui, puisque la proportion des denrées locales que nous absorbons est devenue beaucoup plus faible. Il n’en reste pas moins que la mondialisation, qui a effectivement entraîné un brassage sans précédent des matières premières agricoles, a aussi occasionné une standardisation des modes de culture intensive, et donc une généralisation de l’appauvrissement des sols, ainsi qu’une standardisation des modes de traitement des aliments (et en particulier le blutage des farines et le raffinage du sel et du sucre). À tel point que, même pour un individu vivant dans une région dont le sol est resté très riche en magnésium, la carence n’est pas du tout exclue, à moins qu’il ne cultive ses propres aliments ou se les procure localement.

La vie végétale, la chlorophylle et la photosynthèse: impossibles sans le magnésium.

La chlorophylle est parfois qualifiée de « sang végétal », il faut reconnaître que les similitudes sont surprenantes : la molécule d’hémoglobine, comme celle de la chlorophylle (ou plutôt des chlorophylles, car il en existe quatre variétés principales), est liée à des atomes d’azote, eux-mêmes en liaison plus ou moins directe avec des atomes de carbone, d’hydrogène et d’oxygène. Les structures de la chlorophylle et de l’hémoglobine paraissent étonnamment voisines. Ce qui les distingue avant tout, c’est leur centre : un atome de fer tétravalent pour l’hémoglobine, un atome de magnésium bivalent pour la chlorophylle.

Ainsi, le magnésium est aussi indispensable à la plante que le fer l’est pour nous… sans magnésium, la plante ne peut pas assurer le stockage d’énergie via le glucose synthétisé à partie du dioxyde de carbone et de l’eau. Elle ne peut pas non plus assurer la production d’oxygène. Autant dire que la photosynthèse serait impossible sans magnésium. Sans photosynthèse, pas de transformation de l’énergie lumineuse (ou plutôt électromagnétique) en énergie chimique, et donc pas de possibilité pour nous de nous réapproprier cette énergie via l’alimentation. Pas de respiration animale possible non plus. L’intérêt du magnésium n’a sans doute pas besoin de beaucoup plus d’argumentation…

D’ailleurs, comme un individu carencé en fer, un végétal qui manque de magnésium dépérit rapidement : retard de croissance, jaunissement, taches sur les feuilles, affaiblissement des mécanismes de reproduction, bref ! disparition pure et simple à plus ou moins court terme. Comme quoi, les traditionnels « N, P, K » (azote, phosphore et potassium) sont loin d’être suffisants… Là aussi, sans magnésium, point de salut !

Sur le plan pratique, les végétaux les plus riches en magnésium sont les algues, dont les couleurs varient du vert le plus vif au brun le plus sombre en fonction de leur teneur et de la variété de leur chlorophylle. Pour ceux qui cherchent une sources naturelle de magnésium alimentaire, les algues comestibles peuvent être une excellente solution (lire à ce sujet le livre de Régine Quéva Les Algues, éditions Marabout, collection « Les actifs bio »).

Le magnésium et la mer

Le magnésium est le troisième composant des sels dissous dans l’eau de mer. En eau de mer, la concentration en magnésium est de environ 53 mmol/l (53 millimoles par litre, soit environ 1 300 mg/l). Seul le sodium (469 mmol/l soit 10,8 g/l) et le chlorure (546 mmol/l soit 19,35 g/l) y sont présents à une concentration plus élevée ; on trouve aussi, juste derrière le magnésium, les sulfates (28 mmol/l). Le magnésium est environ cinq fois plus abondant que le calcium (10 mmol/l). Le magnésium présent dans l’eau de mer est déterminant pour l’équilibre global de sa faune et sa flore, dans la mesure où il est nécessaire à la croissance des algues et à la fixation du calcium pour la constitution des squelettes, des coquilles et des coraux.

À notre niveau, on devine donc que le sel de mer doit représenter une source de magnésium intéressante. Comme on le sait, le sel que nous consommons ne provient que rarement directement de la mer, plus souvent d’exploitations minières qui le remontent du sous-sol sous forme de saumure (eau saturée en chlorure de sodium – de l’ordre de 300 g/l) en provenance de gisements appelés évaporites, pour le recristalliser par la suite. Et même si ces sels géologiques sont initialement d’origine marine (on sait que la mer était autrefois présente partout ou presque), leur composition peut être très variable, de même leur taux de magnésium. De plus, l’opération de recristallisation de la saumure s’accompagne d’une purification ou d’un raffinage après lesquels il ne subsiste plus du sel que le chlorure de sodium, dont on connaît les effets délétères sur la santé lorsqu’il est consommé en quantités trop importantes. Le seul intérêt de cette intervention humaine sur la substance naturelle peut éventuellement être l’adjonction de petites quantités d’iode et de fluor, dont les carences peuvent être graves.

Le magnésium : indispensable à la vie en général, et à la nôtre en particulier

L’ion magnésium Mg2+ est en proportion le deuxième ion le plus présent dans les cellules après le potassium. Il intervient dans plus de 300 réactions métaboliques, souvent en association avec le calcium, le sodium et le potassium, avec lesquels il doit rester en équilibre dans l’organisme. On entend aujourd’hui surtout parler du magnésium pour son rôle déterminant dans l’équilibre nerveux, mais son action va bien au-delà, et il est également indispensable aux mécanismes métaboliques suivants :

– il est nécessaire au fonctionnement harmonieux des cellules ;

– il participe à la transformation des glucides et des lipides ;

– il est nécessaire à la synthèse des protéines ;

– il améliore le fonctionnement des messagers chimiques cérébraux ;

– il favorise la croissance, la mémoire, le transit intestinal, les défenses immunitaires, la solidité des dents et des os.