Les grandes figures historiques du chlorure de magnésium: Pierre Delbet, Auguste Neveu, M.L. Robinet et Martin du Theil

Les grandes figures du chlorure de magnésium

Pierre Delbet

Pierre Delbet, professeur de médecine et père de l’utilisation thérapeutique du chlorure de magnésium.

Au niveau français, quelques personnages de premier ordre ont contribué à établir l’intérêt du chlorure de magnésium pour la santé.

Le précurseur : le professeur Pierre Delbet

Le professeur Pierre Delbet (1861-1957) passe sa thèse en 1889 et obtient son agrégation en 1892, puis il devient chirurgien des hôpitaux l’année suivante et professeur en 1909, à 48 ans. Sa carrière a été parmi les plus brillantes de sa génération, puisqu’il a été successivement interne des hôpitaux, chef de clinique, agrégé de la Faculté, puis chirurgien des hôpitaux, lauréat à plusieurs reprises de la Faculté de médecine et de l’Académie de médecine, ainsi qu’auteur de nombreuses publications dont la rigueur scientifique n’a jamais remis son autorité en question. Même si les faits remontent à près d’un siècle, on comprend qu’il ne s’agit pas d’un quelconque illuminé ou d’un charlatan, mais bien d’un scientifique et d’un praticien éminemment respectable. Très tôt, il réfléchit à la toxicité des antiseptiques locaux sur les tissus et fait part de ses doutes sur leur efficacité systématique : « Si ces cellules, raisonne-t-il en parlant des cellules qui constituent nos tissus, sont sensibles aux antiseptiques, le lavage des plaies, en les détruisant, diminue la résistance à l’infection. Si elles sont plus sensibles que les microbes, si proportionnellement elles succombent en plus grand nombre que les agents pathogènes, les antiseptiques, au lieu de diminuer l’infection, peuvent l’augmenter. »
Il précise d’autre part : « Je rêvais d’augmenter la résistance des cellules pour qu’elles puissent triompher des microbes. » Par une expérimentation menée en 1891, il démontre que l’utilisation des antiseptiques sur le péritoine peut même favoriser l’infection. L’antisepsie cible les microbes, mais affaiblit, voire détruit, les cellules qui sont censées les combattre et peut être contre-productive. Le professeur Delbet remarque que l’activité phagocytaire (la phagocytose est l’action d’absorption des microbes par les globules blancs qui défendent notre organisme) peut être très dépendante de la présence de certaines substances dans le milieu. Il découvre ainsi que le chlorure de magnésium à 12,1 ‰ (pour mille) augmente la phagocytose de 75 %, et l’utilise très largement pour laver les plaies et en imprègne les pansements qu’il applique par la suite.
Ses recherches se poursuivent ensuite sur l’activité des globules blancs en circulation dans le sang de l’organisme. Elles permettent d’établir que leur activité phagocytaire peut être augmentée de 129 % dans certains cas, et même jusqu’à 333 % par des injections de chlorure de magnésium ! Ces essais établissent d’autre part le fait que cet apport de chlorure de magnésium n’entraîne aucune intoxication de l’organisme.
Ces résultats spectaculaires l’amènent à présenter deux communications à l’Académie des sciences et à l’Académie de médecine, ainsi qu’à publier un imposant volume intitulé Biologie de la plaie de guerre en 1918.
Mais il semble que le chlorure de magnésium n’agit pas seulement sur le système immunitaire mais aussi sur l’humeur générale, qui conditionne comme on sait aussi la résistance de l’organisme. À ce sujet, le professeur Delbet relate une étape importante de son parcours de chercheur et de praticien :
« Pendant cette période, le chlorure de magnésium s’administrait uniquement en intraveineuse. J’avais dans mon service de l’hôpital Necker un blessé dont l’état était grave et qui refusait les injections.
Je dis un matin : “Essayons de lui donner la solution par voie buccale.”
À ce mot, la surveillante, Mme Boivin, et deux infirmières esquissèrent un sourire.
“Pourquoi riez-vous ?”
“Nous en prenons toutes”, répondit Mme Boivin.
“Et pourquoi ?”
“Ça nous donne du cœur à l’ouvrage !”
“Qu’est-ce qui vous a donné l’idée d’en prendre ?”
“Nous avons remarqué que les malades à qui on en injectait éprouvaient une sorte de bien-être. Alors nous avons essayé d’en boire et ça nous a produit le même effet.”
C’est à ce hasard qu’est due l’extension de la méthode cytophylactique. Cette solution que l’on appelait “ma drogue”, j’en administrai à tous les blessés de mon service, j’en pris moi-même et j’en fis prendre à tous ceux qui me sont chers. Les surveillantes et infirmières, enchantées de la sensation d’euphorie, d’énergie, de résistance à la fatigue qu’elles éprouvaient, firent de la propagande.
Très vite, un grand nombre de personnes prirent régulièrement “ma drogue”, et je récoltai une ample moisson de faits à quoi je ne m’attendais guère et qui m’ont inspiré de nouvelles recherches.
Cette méthode a pour but d’exalter la vitalité des cellules, je l’ai appelée “cytophylactique”. Le mot cytophylactique veut dire “protection des cellules”. »
Il précise d’ailleurs que ce terme est assez mal choisi, puisqu’il s’agit davantage d’une exaltation et d’un renforcement des cellules que d’une protection directe. Même si ce terme de « drogue » peut paraître maladroit, l’ingestion de solution de chlorure de magnésium s’impose rapidement comme une solution simple, efficace et sans danger pour augmenter la résistance de l’organisme et la stabilité émotionnelle face aux agressions extérieures.
Par la suite, le professeur Delbet est amené, notamment en consultant les travaux de Victor Grignard (Prix Nobel de physique 1912), à ajouter au chlorure de faibles quantités d’autres sels halogénés de magnésium (bromure, iodure et fluorure). Il créé également une crème contenant les mêmes éléments pour application cutanée. Pour plus de détails, voir le paragraphe « Delbiase (et Cytodelbiase) » .
Les convictions du professeur Delbet sur la puissance du chlorure de magnésium progressent encore lorsqu’il constate que la prise régulière de Delbiase lui permet de voir régresser, puis disparaître définitivement, des lésions qualifiées de « précancéreuses » sur l’une de ses oreilles, dont il s’était déjà fait opérer trois fois sans succès (les lésions étaient réapparues après chaque opération). Il insiste également sur le fait que le magnésium seul ne peut expliquer ces résultats, puisqu’il avait testé auparavant la prise de magnésie (carbonate double de magnésium et de calcium) sans résultat. Le chlorure de magnésium associé à d’autres sels halogénés (bromure, iodure, fluorure) semblait donc bien la meilleure combinaison pour permettre au magnésium de délivrer à l’organisme toute son efficacité. À partir de 1928, ses recherches se concentreront sur les effets de la Delbiase et non plus sur le chlorure de magnésium seul.

Un disciple éclairé : le docteur Auguste Neveu

Un médecin généraliste œuvrant sur le terrain découvre dès 1932 les travaux du professeur Delbet et commence par tester sa méthode cytophylactique sur les animaux (chacun sait que les médecins de campagne étaient autrefois souvent amenés à intervenir également comme vétérinaires). Il administre du chlorure de magnésium à un veau de trois mois atteint de fièvre aphteuse, ainsi qu’à un jeune chien souffrant de la maladie de Carré (qui est qualifiée de « poliomyélite du chien »). Les résultats sont tels qu’il multiplie les traitements sur les animaux, puis sur ses jeunes patients atteints de poliomyélite et de diphtérie. Il administre du chlorure de magnésium à d’autres patients souffrant de pathologies très diverses : coqueluche, pleurésie, bronchite, emphysème, et surtout lors de la terrible grippe de l’année 1935 qui s’est compliquée pour de nombreux patients en broncho-pneumonie grippale. Toutes les personnes traitées se remettent rapidement sans complication. Le rétablissement des patients est évidemment d’autant plus rapide que l’administration du chlorure de magnésium est précoce, surtout dans le cas des maladies entraînant des paralysies comme la poliomyélite. Le docteur Neveu présente ses observations à l’occasion de plusieurs communications lors des Journées thérapeutiques de Paris en 1947. La première s’intitule « Traitement cytophylactique de quelques maladies infectieuses de l’homme et du bétail par le chlorure de magnésium » et la seconde « Les propriétés pharmacodynamiques et thérapeutiques du magnésium ».

Travaux du scientifique M. L. Robinet

M. L. Robinet a mis en évidence une corrélation étroite entre la présence de magnésium dans le sol et le taux de suicide local, en montrant que les cartes se superposent de façon saisissante. Une carte des années 1990 montre que le taux de suicide est effectivement sensiblement plus élevé en Bretagne (Finistère en particulier) et dans une large partie nord-ouest du pays, avec un taux également élevé sur la région Centre, où la concentration des sols en magnésium est faible. La corrélation avec la présence de magnésium dans le sous-sol est cependant difficile à établir de nos jours, dans la mesure où la consommation des produits locaux, et dans une moindre mesure des eaux potables locales, est de moins en moins systématique. La corrélation est beaucoup plus nette sur le facteur rural/urbain, particulièrement frappante pour Paris et sa région, où l’on se suicide en proportion trois fois moins qu’en Bretagne… Une corrélation du même ordre avait visiblement été établie entre le magnésium et l’occurrence des cancers, mais ce raisonnement peut aujourd’hui susciter les mêmes réserves puisqu’on consomme aujourd’hui peu de produits vraiment locaux.

Le docteur Martin du Theil

« La défense par le système nerveux », ouvrage du docteur Martin du Theil

Enfin, il ne faut pas oublier les travaux moins célèbres mais tout aussi intéressants du docteur Martin du Theil et son ouvrage La Défense par le système nerveux publié en 1935, et basé lui aussi sur la conviction que « Le microbe n’est rien, le terrain est tout » (citation attribuée à Claude Bernard). Le docteur Martin du Theil mentionne lui aussi le chlorure de magnésium comme le stimulant le plus puissant des défenses immunitaires, mais propose de le synthétiser dans l’estomac via l’hydroxyde de magnésium plutôt que de l’ingérer tel quel. En réagissant avec l’acide chlorhydrique de l’estomac, cet hydroxyde de magnésium produit affectivement du chlorure de magnésium selon la réaction : Mg(OH)2 + 2 HCl  MgCl2 + 2 H2O. Partant du principe qu’une substance produite in situ est plus efficace sur l’organisme que la même substance provenant de l’extérieur, le docteur Martin du Theil a promu son invention sous le nom de Chlorumagène, qui est aujourd’hui vendu comme médicament (voir paragraphe « Chlorumagène » ). Ses convictions étaient telles qu’il a affecté une partie de son héritage à la réédition de son livre jusqu’à épuisement des sommes prévues…

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A propos Nicolas

Passionné de produits naturels et d'écologie, Nicolas Palangié est un promoteur actif de ce qu'il appelle "l'écologie pragmatique". Spécialiste du bicarbonate et des produits écologique et naturels, il crée le blog www.monbicarbonate.fr en 2010 et écrit un livre à la demande des éditions Eyrolles: "Bicarbonate: un concentré d'astuces", qui paraît en 2011 et qui est ré-édité en 2014. Ces deux supports sont destinés à diffuser au grand public une information sérieuse et validée.
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Avertissement  :

Toutes les informations mises à disposition sur ce blog le sont de bonne foi, et en l’état actuel de nos connaissances. Elles résultent de la compilation de nombreux ouvrages sur le magnésium et le chlorure de magnésium, d’échanges par écrit et par oral avec des professionnels de santé et des spécialistes de la fabrication du chlorure de magnésium, ainsi que d’expérimentations personnelles dans le cadre domestique et privé. Elles ne dispensent pas l’internaute lecteur de prendre les précautions d’usage dans la mise en pratique de ces suggestions d’utilisations. Dans le domaine du bien–être et des soins corporels en particulier, il est important de répéter que le chlorure de magnésium n’est pas un médicament et que la lecture des articles de ce blog ne dispense en aucun cas de consulter un médecin. L’attention des patients sous traitement doit aussi être attirée sur le fait que le chlorure de magnésium peut éventuellement interférer avec certains médicaments. Dans le doute, l’avis d’un professionnel de santé devra sans faute être sollicité.


15 réflexions au sujet de « Les grandes figures historiques du chlorure de magnésium: Pierre Delbet, Auguste Neveu, M.L. Robinet et Martin du Theil »

  1. bonjour,
    n’ayant pas de piste pour poser ma question , je tente ici.
    Le fanerval ne se fabriquant plus , j’ai essayé d’en commander avec la recette par ma pharmacie qui me répond ne pas pouvoir le faire car l’arsenic et autre ne sont plus autorisés. pourriez-vous m’éclairer : est-ce que le mélange quinquina seul peut tout de même avir de l’effet ou peut-etre un autre produit ?
    merci pour votre attention
    cordialement
    jocelyne

  2. bonjour je serais ravie de retrouver le livre intitulé le médecin muet du professeur Delbet ;je gardais précieusement ce livre jusqu’ ,au jour où je l ai prêté un grand merci

    • Bonjour, le Magneso tube Robinet (du Dr Robinet) était je crois une combinaison de sels de magnésium. Il n’est plus commercialisé aujourd’hui. Vous pouvez éventuellement le remplacer par la Delbiase, qui est encore disponible sur demande en pharmacie et qui apporte les mêmes bénéfices, ou approchant.

  3. Bonjour, les docteurs Delbet et M. du Theil insistent sur le fait qu’il est primordial de prendre très régulièrement du chlorure de Mg tout au long de sa vie. Or certainsbauteurs, partisans du Mg, prétendent que prendre régulièrement du Mg sous forme de chlorure est contre-productif car il ne sera plus efficace quand on en aura besoin pour une grave maladie, et proposent de prendre ce Mg sous une autre forme: citrate, etc..
    Qu’en pensez-vous? Savez-vous qui a lancé cette idée? Quelle forme de Mg conseillez-vous?
    Je me souviens avoir lu dans un des livres de Delbet ou du Theil que ce chercheur émettait l’hypothèse que dans certains cas la forme « chlorure » était plus agissante que l’ion Mg lui-même.
    Bravo pour votre site que je donne en référence à mes amis qui recherchent des informations sur le Magnesium.
    Avec mes amicales salutations, Christian

    • Bonjour Christian. Merci pour vos encouragements ! Les effets du magnésium diffèrent très largement en fonction du véhicule (la molécule à laquelle il est associé: carbonate, hydroxyde, lactate, malate, gluconate… ). Personnellement, je pense qu’il vaut mieux faire des « cures » et non pas se supplémenter en permanence en magnésium. Surtout lorsqu’il s’agit du chlorure de magnésium, qui est bien assimilable mais peut avoir tendance à être un peu irritant pour le système digestif. Bonne fin d’année.

  4. Bonjour,
    Je souhaite prendre un sachet de 20grs de chlorure de magnésium. Faut-il le diluer dans un litre d’eau et le boire pendant combien de temps pour une grosse fatigue ? Merci
    Cordialement,
    lise

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