Le magnésium et l’agriculture moderne

Incidence des pratiques de l’agriculture moderne sur la teneur en magnésium du sol et des aliments.

Agriculture moderne et magnésium

Les céréales modernes nécessitent des apports réguliers de magnésium pour éviter les carences.

Comme on l’a vu, le magnésium est un élément nécessaire au maintien de toutes les formes de vie, y compris celle des végétaux. Dans la mesure où notre corps n’est pas en mesure de générer son propre magnésium, il dépend des apports extérieurs, et en premier lieu de ceux qui nous viennent du sol par l’intermédiaire des végétaux que nous consommons. Et c’est là que le bât blesse.
Une étude réalisée en Égypte dans les années 1930 par le scientifique français M. Schrumpf-Pierron mit en évidence que les agriculteurs, qui se nourrissaient de maïs, de blé, de riz, de fèves, de lentilles et d’oignons (tous ces produits étant évidemment non raffinés) cultivés sur les limons du Nil très riches en magnésium absorbaient des doses quotidiennes de magnésium de 1 000 à 2 000 mg. Ces populations locales jouissaient d’une santé exceptionnelle jusqu’à des âges très avancés, avec une incidence de maladies infectieuses et dégénératives quasi nulle. Les sols égyptiens présentent des teneurs en magnésium typiquement dix fois plus élevées que les terres européennes. La consommation de magnésium des égyptiens en provenance du sol résultait d’ailleurs à la fois des aliments cultivés localement, de l’eau chargée des sels minéraux du sous-sol et du sel fortement minéralisé extrait des exploitations de la région. La création du lac Nasser avec la construction du barrage d’Assouan (achevé en 1970), en amont de la partie égyptienne du Nil, a rendu les crues du fleuve presque inexistantes. Et c’était par elles que les riches limons se déposaient sur les zones cultivées, en y apportant les matières nutritives organiques et minérales nécessaires à la croissance harmonieuse des cultures. Les agriculteurs compensent aujourd’hui par des apports chimiques, mais il y a fort à parier que « l’avantage magnésium » des Égyptiens a déjà dû se réduire considérablement et qu’il risque de disparaître, à terme, purement et simplement.
Les exigences de rendement de l’agriculture moderne ont profondément modifié la façon dont l’homme interagit avec la terre. La rotation plus rapide des cultures (il n’est pas rare aujourd’hui de récolter deux fois par an sur une même parcelle) et le labour profond entraînent d’une part des prélèvements beaucoup plus importants et d’autre part une perte d’éléments nutritifs par lessivage dû aux pluies (encore plus lorsqu’elles sont acides) et à l’arrosage (même si le magnésium est relativement peu sensible au lessivage). Or, pour les cultures dont l’objectif est de produire un maximum de biomasse, le magnésium joue un rôle important. C’est l’atome central de la molécule de chlorophylle, et il remplit de multiples fonctions dans la production et le stockage des produits de la photosynthèse. Ce n’est qu’avec une disponibilité suffisante en magnésium que la plante peut produire et stocker une quantité maximale d’énergie – soit sous forme d’huile, soit sous forme d’hydrates de carbone tels que sucre, amidon ou cellulose. De toutes les cultures, ce sont la betterave à sucre, la betterave fourragère et le maïs qui absorbent le plus de magnésium. L’agriculteur apporte donc du magnésium sous forme d’engrais chimique (souvent en association avec du potassium, dans un rapport entre l’un et l’autre qui doit rester maîtrisé), apport essentiel dans la mesure où un déficit en magnésium limite la croissance et la qualité des cultures. La question que l’on peut néanmoins se poser réside dans la teneur en magnésium des végétaux produits à ce rythme et avec ces intrants chimiques, comparée à ce qu’elle était avec des végétaux poussant plus lentement et plus naturellement sur un sol auquel la jachère et les labours moins profonds et moins systématiques laissaient le temps de se régénérer. Les quelques études réalisées à ce jour n’ont pas mis en évidence de différence significative de teneur en magnésium en fonction du mode de culture pour les céréales et pour la majorité des fruits et légumes (à la différence des antioxydants qui seraient 40 % plus élevés en moyenne dans les fruits et légumes biologiques). Source : Commission européenne, Projet Qlif (Quality Low Input Food), http://www.qlif.org. Quoi qu’il en soit, il faut souligner que la source la plus naturelle de minéraux reste encore les fruits et légumes, qu’ils soient produits selon les règles de l’agriculture biologique ou non. Et c’est en en consommant la variété la plus large et le plus souvent possible qu’on préviendra les carences, y compris celle en magnésium.

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A propos Nicolas

Passionné de produits naturels et d'écologie, Nicolas Palangié est un promoteur actif de ce qu'il appelle "l'écologie pragmatique". Spécialiste du bicarbonate et des produits écologique et naturels, il crée le blog www.monbicarbonate.fr en 2010 et écrit un livre à la demande des éditions Eyrolles: "Bicarbonate: un concentré d'astuces", qui paraît en 2011 et qui est ré-édité en 2014. Ces deux supports sont destinés à diffuser au grand public une information sérieuse et validée.
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Avertissement  :

Toutes les informations mises à disposition sur ce blog le sont de bonne foi, et en l’état actuel de nos connaissances. Elles résultent de la compilation de nombreux ouvrages sur le magnésium et le chlorure de magnésium, d’échanges par écrit et par oral avec des professionnels de santé et des spécialistes de la fabrication du chlorure de magnésium, ainsi que d’expérimentations personnelles dans le cadre domestique et privé. Elles ne dispensent pas l’internaute lecteur de prendre les précautions d’usage dans la mise en pratique de ces suggestions d’utilisations. Dans le domaine du bien–être et des soins corporels en particulier, il est important de répéter que le chlorure de magnésium n’est pas un médicament et que la lecture des articles de ce blog ne dispense en aucun cas de consulter un médecin. L’attention des patients sous traitement doit aussi être attirée sur le fait que le chlorure de magnésium peut éventuellement interférer avec certains médicaments. Dans le doute, l’avis d’un professionnel de santé devra sans faute être sollicité.


Une réflexion au sujet de « Le magnésium et l’agriculture moderne »

  1. Félicitations Monsieur Nicolas PALANGIE.

    Nous vous invitons à la lecture sur notre site: http://www.cancer-cqfd.com.

    Fin 1972, la première cellule cancérisée par la main de l’homme voit le jour dans une petite unité de recherche privée, à Lambesc (France).

    La découverte: « Une famille…de cellules saines…privées de magnésium…n’arrivent pas à maturité…dupliquent…libèrent des brins d’acide nucléique…qui agressent…une autre famille de cellules saines…naissance de cellules cancéreuses. »

    Nous sommes à votre disposition pour tout complément d’information.

    le Président d’A.I.L.P.C.

    Francis DOURNEL

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