Les conséquences de la carence en magnésium

Pourquoi la déficience en magnésium peut avoir des répercussions lourdes sur le bien-être et l’état physique général

Le magnésium intervient directement dans plus de 350 processus enzymatiques identifiés. Comme les enzymes sont nécessaires à la régulation de toutes les réactions biochimiques de notre corps, l’importance du magnésium est maintenant reconnue à peu près universellement. Il serait inutile et dangereux de hiérarchiser l’importance des différents nutriments dont nous avons besoin, mais une attention particulière doit certainement être accordée au magnésium, dans la mesure où sa carence dans la population est avérée. Les conséquences de cette carence sont si nombreuses qu’il serait sans doute impossible de les citer toutes, et il est tout aussi impossible dans cet ouvrage de juger de leur caractère plus ou moins direct.
Des ouvrages très complets ont été rédigés aux États-Unis sur le magnésium. Ils mettent en évidence encore plus directement que les ouvrages francophones les dangers d’une carence en magnésium. Citons par exemple l’excellent ouvrage de Mildred S. Seelig et Andrea Rosanoff, The Magnesium Factor (voir « Bibliographie »). C’est de leur livre que sont inspirées les lignes suivantes.
Parmi les influences les plus évidentes du magnésium, on peut citer son intervention dans la libération et le stockage de l’énergie via l’adénosine triphosphate (ATP) et l’adénosine diphosphate (ADP). En effet, le magnésium est nécessaire à la séparation des atomes de phosphate de l’ATP, qui le transforme en ADP tout en libérant de l’énergie, et il est aussi nécessaire à la réaction inverse, passer de l’ADP à l’ATP en stockant de l’énergie.

Le magnésium est indispensable pour le processus de stockage et déstockage de l’énergie via le passage de l’ATP à l’ADP et vice-versa.

Stockage libération énergie
Adapté de The Magnesium Factor de Mildred S. Seelig et Andrea Rosanoff

Spasmophilie

La spasmophilie ou tétanie est un ensemble de signes caractérisant une hyperexcitabilité neuromusculaire. Elle englobe des manifestations extrêmement variées auxquelles nous pouvons tous être confrontés à des degrés divers et sur des périodes plus ou moins longues. Elle peut être caractérisée par des contractures musculaires incontrôlables des muscles, une hyperventilation avec sensation d’étouffement, des engourdissements ou fourmillements des extrémités, et un état fébrile, anxieux et une forte irritabilité ou au contraire une asthénie (sensation de fatigue et d’épuisement) plus ou moins prononcée. L’intensité de la spasmophilie est variable et peut varier d’une gêne diffuse à des crises très violentes qui peuvent compromettre durablement tout espoir de vie normale. Les symptômes de la spasmophilie recoupent notablement ceux de la carence en magnésium, et on constate qu’un apport de magnésium permet de limiter et souvent de faire disparaître ces manifestations. On constate d’ailleurs le plus souvent que ces symptômes réapparaissent lorsque la supplémentation en magnésium est interrompue. Malheureusement, ces symptômes sont souvent considérés comme ressortissant de la psychologie voire de la psychiatrie, et des anxiolytiques aux effets secondaires parfois lourds sont généralement prescrits avant de tester une supplémentation en magnésium.

Autres maux courants

Comme on l’a vu, les manifestations pathologiques liées à la carence en magnésium sont très nombreuses, il serait impossible de les mentionner toutes dans cet ouvrage pratique. En revanche, et c’est là qu’intervient tout l’intérêt du chlorure de magnésium qui permettra un apport facile, rapide et à moindre coût, le magnésium contribuera à renforcer les défenses de l’organisme et à enrayer le développement de nombreuses pathologies très classiques et qui restent le plus souvent bénignes. Citons par exemple le rhume et la grippe, la gastroentérite, la constipation, le traitement des petites plaies, les verrues…
Pour les conseils de mise en œuvre, voir le paragraphe « Le chlorure de magnésium pratique ».

Cas particuliers

Dans certaines circonstances et à certains stades de la vie, les besoins en magnésium peuvent être accrus, et un déficit peut avoir des conséquences plus graves. C’est le cas de la femme enceinte et allaitante, des enfants et des personnes âgées. Pour d’autres raisons, les apports de magnésium chez le sportif doivent être surveillés également.

La femme enceinte ou allaitante

En principe, la nature favorise systématiquement la préservation de l’espèce. Elle donne donc la priorité à l’embryon et au fœtus sur la mère lorsqu’une carence nutritionnelle survient. C’est donc le cas pour le magnésium. Un dosage plus important est donc à prévoir, de l’ordre de 10 % supplémentaires pour atteindre 390-400 mg par jour. Ce sera le cas également lors de l’allaitement. Sachant que le magnésium a un effet sur les gènes selon des travaux récents, son importance pour la conception et la croissance in utero ne peut qu’être déterminante. Selon le docteur Marianne Mousain-Bosc, pédiatre, « le magnésium est impliqué à la fois dans la synthèse, la stabilisation et la dégradation des acides désoxyribonucléiques (ADN) et ribonucléiques (ARN). Ainsi, une baisse du magnésium agit sur l’ADN et peut donc entraîner des anomalies génétiques ». (La Solution magnésium, Thierry Souccar Édition).

L’enfant

L’enfant, du fait de sa croissance et de son activité physique importante, est un gros consommateur de magnésium, sur lequel une carence pourra avoir des conséquences immédiates (en termes de comportement, notamment) ou à plus long terme (en termes de retard de croissance et d’apprentissage).
 Autisme
L’autisme a vu sa prévalence multipliée par 5 entre 1980 et 1990, pour atteindre 50 cas/10 000 habitants (enfants et adultes). Il se manifeste par des troubles moteurs, de l’alimentation, du comportement, du langage, du sommeil (gestes répétitifs, difficultés à avaler, repli sur soi ou agressivité, enfants qui ne parlent pas…). Des études ont mis en évidence un « débit sanguin cérébral anormalement bas ». Ceci pourrait être dû à une hypertension artérielle conséquente à une baisse du magnésium dans l’organisme. Le docteur Marianne Mousain-Bosc relate comment elle a obtenu des résultats spectaculaires, parfois en quelques semaines, en supplémentant en magnésium et en vitamine B6 des enfants dont le développement semblait avoir été complètement bloqué. Elle insiste sur l’importance de la surveillance de l’apport en magnésium pour la mère, avant même la conception et bien sûr pendant la grossesse et l’allaitement, puis lors de l’alimentation de l’enfant. Il semble d’ailleurs que les carences en magnésium soient plus rares dans le cas d’enfants allaités par la mère, probablement parce que le magnésium du lait maternel, évidemment lorsqu’il est lui-même présent en proportions suffisantes, est mieux assimilé que celui dont les laits en poudre peuvent être enrichis.
 Hyperactivité (hyperexcitabilité)
L’hyperactivité est une situation de plus en plus fréquente chez l’enfant, qu’il n’est possible de diagnostiquer qu’à partir de la scolarisation et qui se manifeste par une certaine incapacité à se conformer aux règles de communauté, avec de très grosses difficultés à « tenir en place », à se concentrer et à se positionner vis-à-vis des autres enfants, envers lesquels l’enfant hyperactif fait souvent preuve d’agressivité. Ce comportement véhicule d’ailleurs beaucoup de souffrance, les enfants hyperactifs, incapables de se contrôler mais pas inconscients de leurs actes et de ce qu’ils font endurer involontairement à leur entourage, pouvant se sentir coupables et impuissants. Aux souffrances psychologiques peuvent s’ajouter des souffrances physiques (et en particulier des douleurs abdominales). Avant l’administration de psychotropes, qui comportent souvent des effets secondaires assez lourds, une recherche du « signe facial » ou « signe de Chvostek » (test de réflexe très simple et indolore) et un dosage du magnésium érythrocytaire pourront être très utiles. Le dosage de magnésium métabolique étant difficile, un apport de magnésium et de vitamine B6 pourra être de toute façon décidé par le médecin (typiquement de l’ordre de 100 mg de magnésium et 10 mg de vitamine B6 matin et soir pour un enfant de 30 kg). Si l’état de l’enfant s’améliore sous quelques semaines, le diagnostic de « trouble du transport du magnésium dans la cellule » sera confirmé. Il sera évidemment encore renforcé si l’arrêt du traitement entraîne le retour des symptômes.

Magnésium et vieillissement

Le taux de magnésium des tissus et des cellules diminue avec l’âge, et l’absorption des nutriments décroît avec l’appétit. D’autre part, une carence en magnésium joue un rôle dans le vieillissement de l’organisme, selon des scientifiques américains, australiens, italiens et français. Le magnésium est en effet un facteur majeur de résistance au stress oxydatif, car il augmente le glutathion intracellulaire (l’antioxydant naturel par excellence), favorise les défenses antioxydantes, permet donc une meilleure résistance au stress oxydatif et un ralentissement du vieillissement. Cette théorie semble s’imposer de plus en plus, mais, quoi qu’il en soit, l’apport de magnésium en quantité suffisante est encore plus important pour les personnes âgées, car il permet d’entretenir les mécanismes de génération et de stockage de l’énergie nécessaires au maintien d’une activité physique et intellectuelle suffisante, dont dépend finalement tout le reste.

Le sportif

Les pertes de sels minéraux par la transpiration et dans une moindre mesure par les urines sont plus importantes lors de la pratique du sport. Cela est vrai pour le potassium, le sodium et le fer, mais aussi pour le magnésium. Comme on l’a vu, le magnésium est utilisé pour le fonctionnement musculaire (il permet aux muscles de se décontracter après la phase de contraction) et pour le métabolisme des glucides. Un sportif a donc intérêt à privilégier des aliments à haute teneur en magnésium (légumes verts, céréales complètes, fruits secs oléagineux, chocolat…), et certaines eaux minérales riches en magnésium (Hépar, Badoit, Contrex, Saint Antonin…). Pour plus de détails voir le paragraphe « Les Fondamentaux « .

Les causes pathologiques de la carence en magnésium

Magnésium

Symbole chimique du magnésium Mg – Tableau périodique des éléments.

La déficience pathologique en magnésium: un cas heureusement rare.

Dans l’immense majorité des cas, la déficience en magnésium est due à une consommation insuffisante par l’alimentation. On a vu qu’elle peut aussi être liée également à un accroissement temporaire des besoins qui est insuffisamment prise en compte (effort physique intense, croissance pour les enfants, grossesse et allaitement, stress).
Il existe néanmoins d’autres cas, heureusement rares, pour lesquels il s’agit de causes pathologiques ou traumatiques :
– diarrhée chronique ;
– pancréatite (inflammation du pancréas) ;
– hyperthyroïdie (suractivité de la glande thyroïde) ;
– causes dites iatrogènes (dues aux pratiques médicales ou aux médicaments) : diurétiques, produits à base de cortisone, pilules contraceptives, certains antibiotiques, psychoanaleptiques (médicaments qui stimulent l’activité cérébrale).
Ces causes sont évidemment complexes à identifier et nécessitent l’intervention d’un médecin. Si vous êtes dans une de ces situations, la question d’un déficit en magnésium doit cependant être étudiée avec un professionnel de la santé.

La déficience magnésienne familiale

Il peut arriver que la déficience soit d’ordre génétique. Elle se manifeste alors par une « hypomagnésémie avec hypocalcémie secondaire » (déficit en magnésium doublé d’un déficit en calcium). C’est parfois le cas dans les familles présentant, chez plusieurs de ses membres, certaines des manifestations fréquentes d’un déficit en magnésium : hyperactivité (surtout chez les enfants) et instabilité émotionnelle, crampes et douleurs musculaires, fourmillements dans les mains, perte de mémoire à des âges précoces, troubles du sommeil, stress et migraines, manifestations cardiaques.
Un dosage du magnésium érythrocytaire (dans les globules rouges) pourra alors être prescrit, et une supplémentation en magnésium indiquée pour tous les membres de la famille.

Cas particulier de l’alcoolisme et du tabagisme

La consommation excessive et régulière d’alcool occasionne une extraction du magnésium des cellules des tissus et augmente son élimination via les urines. La carence magnésique des alcooliques entraîne d’ailleurs des symptômes caractéristiques tels que la tachycardie et certains troubles mentaux. Le fameux delirium tremens des alcooliques en serait ainsi l’une des conséquences. Le tabagisme perturbe également l’assimilation et la rétention du magnésium (comme d’ailleurs de bien d’autres nutriments essentiels).

Le magnésium et l’agriculture moderne

Incidence des pratiques de l’agriculture moderne sur la teneur en magnésium du sol et des aliments.

Les céréales modernes nécessitent des apports réguliers de magnésium pour éviter les carences.

Comme on l’a vu, le magnésium est un élément nécessaire au maintien de toutes les formes de vie, y compris celle des végétaux. Dans la mesure où notre corps n’est pas en mesure de générer son propre magnésium, il dépend des apports extérieurs, et en premier lieu de ceux qui nous viennent du sol par l’intermédiaire des végétaux que nous consommons. Et c’est là que le bât blesse.
Une étude réalisée en Égypte dans les années 1930 par le scientifique français M. Schrumpf-Pierron mit en évidence que les agriculteurs, qui se nourrissaient de maïs, de blé, de riz, de fèves, de lentilles et d’oignons (tous ces produits étant évidemment non raffinés) cultivés sur les limons du Nil très riches en magnésium absorbaient des doses quotidiennes de magnésium de 1 000 à 2 000 mg. Ces populations locales jouissaient d’une santé exceptionnelle jusqu’à des âges très avancés, avec une incidence de maladies infectieuses et dégénératives quasi nulle. Les sols égyptiens présentent des teneurs en magnésium typiquement dix fois plus élevées que les terres européennes. La consommation de magnésium des égyptiens en provenance du sol résultait d’ailleurs à la fois des aliments cultivés localement, de l’eau chargée des sels minéraux du sous-sol et du sel fortement minéralisé extrait des exploitations de la région. La création du lac Nasser avec la construction du barrage d’Assouan (achevé en 1970), en amont de la partie égyptienne du Nil, a rendu les crues du fleuve presque inexistantes. Et c’était par elles que les riches limons se déposaient sur les zones cultivées, en y apportant les matières nutritives organiques et minérales nécessaires à la croissance harmonieuse des cultures. Les agriculteurs compensent aujourd’hui par des apports chimiques, mais il y a fort à parier que « l’avantage magnésium » des Égyptiens a déjà dû se réduire considérablement et qu’il risque de disparaître, à terme, purement et simplement.
Les exigences de rendement de l’agriculture moderne ont profondément modifié la façon dont l’homme interagit avec la terre. La rotation plus rapide des cultures (il n’est pas rare aujourd’hui de récolter deux fois par an sur une même parcelle) et le labour profond entraînent d’une part des prélèvements beaucoup plus importants et d’autre part une perte d’éléments nutritifs par lessivage dû aux pluies (encore plus lorsqu’elles sont acides) et à l’arrosage (même si le magnésium est relativement peu sensible au lessivage). Or, pour les cultures dont l’objectif est de produire un maximum de biomasse, le magnésium joue un rôle important. C’est l’atome central de la molécule de chlorophylle, et il remplit de multiples fonctions dans la production et le stockage des produits de la photosynthèse. Ce n’est qu’avec une disponibilité suffisante en magnésium que la plante peut produire et stocker une quantité maximale d’énergie – soit sous forme d’huile, soit sous forme d’hydrates de carbone tels que sucre, amidon ou cellulose. De toutes les cultures, ce sont la betterave à sucre, la betterave fourragère et le maïs qui absorbent le plus de magnésium. L’agriculteur apporte donc du magnésium sous forme d’engrais chimique (souvent en association avec du potassium, dans un rapport entre l’un et l’autre qui doit rester maîtrisé), apport essentiel dans la mesure où un déficit en magnésium limite la croissance et la qualité des cultures. La question que l’on peut néanmoins se poser réside dans la teneur en magnésium des végétaux produits à ce rythme et avec ces intrants chimiques, comparée à ce qu’elle était avec des végétaux poussant plus lentement et plus naturellement sur un sol auquel la jachère et les labours moins profonds et moins systématiques laissaient le temps de se régénérer. Les quelques études réalisées à ce jour n’ont pas mis en évidence de différence significative de teneur en magnésium en fonction du mode de culture pour les céréales et pour la majorité des fruits et légumes (à la différence des antioxydants qui seraient 40 % plus élevés en moyenne dans les fruits et légumes biologiques). Source : Commission européenne, Projet Qlif (Quality Low Input Food), http://www.qlif.org. Quoi qu’il en soit, il faut souligner que la source la plus naturelle de minéraux reste encore les fruits et légumes, qu’ils soient produits selon les règles de l’agriculture biologique ou non. Et c’est en en consommant la variété la plus large et le plus souvent possible qu’on préviendra les carences, y compris celle en magnésium.